Une personne cisgenre est du genre qui lui a été assigné depuis la naissance.

Une personne transgenre n'est pas du genre qui lui a été assigné depuis la naissance, ou pas exclusivement.

L"expression "depuis la naissance" signifie que le genre est assigné dés la venue au monde de la personne. On regarde son entrejambe (même si on a éventuellement déjà regardé à l'échographie), et on dit : "C'est une fille." ou "C'est un garçon.", la plupart du temps. Souvent on enregistre ce "sexe" à l'état civil, le jour même. On décide donc officiellement et quasi cérémoniellement d'un genre à la naissance, qu'on va assigné généralement tout au long de la vie.

Le genre d'une personne, c'est un ressenti et une construction individuelle. En fait se sentir d'un genre, c'est l'être. Quand on dit d'une personne qu'elle "veut devenir femme" par exemple, c'est erroné. On ne veut pas devenir d'un genre, on l'est déjà, et c'est bien pour ça qu'on peut désirer être perçu de ce genre par les autres.

"Lorsqu’on parle de sexe, on parle en général des organes génitaux (caractères sexuels primaires) et des caractères sexuels secondaires (barbe, poitrine, voix…) En effet, bien que les chromosomes sexuels (X et Y) et les hormones (testostérone, œstrogènes…) interviennent, le sexe assigné à la naissance l’est généralement sur la base des organes génitaux apparents (vulve ou pénis). (…) Les deux genres les plus communs sont femme et homme. Et cela n’a rien à voir avec le corps que l’on habite ! On peut avoir n’importe quel corps avec n’importe quel genre. Le fait que la plupart des femmes sont « femelles » et la plupart des hommes sont « mâles » est dû à la façon d’assigner un genre à la naissance. En effet, le genre assigné à la naissance est fonction du sexe dans notre société ! C’est pour cette raison que l’on confond systématiquement les deux et que l’on observe des tas d’abus de langage comme « les organes génitaux féminins ». Non, les corps n’ont pas de genre et les organes génitaux n’ont rien de féminin ou de masculin ! À présent, vous comprenez qu’il peut exister des hommes avec des vagins et des femmes avec des pénis, n’est-ce pas ?" (Unique en son genre)

La racine cis signifie en deçà, par opposition à la racine trans qui signifie à côté, au delà. La racine et donc le mot trans n'impliquent pas de déplacement ou de changement, mais plutôt l'altérité. C'est par association que beaucoup de mots construits avec la racine trans désignent un mouvement. Transporter, c'est porter ailleurs. Transformer, c'est former autrement. Etc. Le mot transition est formé par l'ajout d'une terminaison typique d'action, et signifie étymologiquement ce qui est fait au delà. Donc transition évoque l'évolution, le changement. Attention, trans ou trangenre ne signifie pas en transition. On peut très bien être trans et en situation tout aussi stable qu'une personne cisgenre.

L'idée de trans c'est la non conformité à la norme sexiste et à son assignation. De ce point de vue, on pourrait donner à trans un sens plus large que transgenre. Serait trans, toute personne qui n'est pas conforme à l'assignation "de genre". Rappel : on n'assigne pas qu'un genre mais tout ce qu'on y associe arbitrairement : apparence, goûts, comportements, rôles familiaux et sociaux, orientations romantiques et sexuelles... Donc trans pourrait désigner toute personne intersexe, non hétéro-romanticosexuelle, travestie, etc. Mais il est convenu que trans est synonyme de transgenre et que les autres non-conformités à l'assignation sexiste ne sont pas comprises dans ce mot.

 

Les mots transsexualité, transsexualisme et transsexuel‑le, sont à bannir. Ils désignent le fait d'être trans comme une maladie mentale, surtout transsexualisme. Or ne pas être du genre assigné arbitrairement n'a rien de pathologique. Utiliser de tels mots pathologisants est irrespectueux et insultant. Transsexualité n'a aucun sens : que peut être une sexualité au delà ? De toute façon ce n'est PAS une sexualité. Par ailleurs une personne trans (tout comme cis) peut avoir n'importe quelle sexualité, et plus largement n'importe quelles orientations. Cela n'a rien à voir. Être transgenre ou cisgenre, désigne l'expérience de genre de la personne, ou plus exactement la conformité ou non de ce vécu avec le genre assigné depuis la naissance. La personne est trans/cisgenre. Il s'agit de trans/cisidentité ou de trans/cisgenrité. La personne peut avoir n'importe quelle apparence, jugée féminine ou masculine. Une personne trans, n'est pas forcément en transition sociale ou/et physique. Elle peut prendre des hormones, avoir de la chirurgie (pas que génitale : visage, poitrine...) ou/et d'autres traitements (épilation par exemple), etc. ; ou le vouloir ; ou pas. Ça n'a aucune importance vis-à-vis du fait d'être trans. Aucune personne trans, n'est moins valide ou légitime ou trans même, qu'une autre.

D'autre part, une personne trans n'est pas forcément "de l'autre genre". Trans ne désigne pas un pôle opposé, mais ce qui est à côté, au delà. On peut être de tout genre autre que celui assigné... ou d'aucun (agenre). On peut être plus ou moins femme ET plus ou moins homme, à n'importe quel niveau des 2 (50/50 %, 25/75 %, 50/10 %, 80-90 %...). On peut aussi être d'un genre hors du spectre binaire. Voir → L'éventail des identités de genres non‑binaires. Toute personne qui n'est pas pleinement et exclusivement femme ou homme est non‑binaire. Et comme tout le monde est assigné fille ou garçon depuis la naissance, toute personne non‑binaire n'est pas de ce genre assigné, et donc est trans.

Il ne faut pas hésiter à se dire trans, il ne faut pas non plus se sentir inférieur. Trans signifie qu'on n'a pas développé le genre qui a été assigné. Et pourquoi serait-ce pathologique ou problématique ? Ce serait plus logiquement une preuve d'autonomie face à l'assignation.





Une personne tra(ns)vestie ne porte pas - occasionnellement ou pas - l'apparence (vêtement, maquillage, coiffure, pilosité...) communément associée au genre qui lui a été assigné depuis la naissance. Typiquement une personne travestie porte l'apparence communément associée à l'autre genre binaire. Ne pas confondre avec les drag-queen ou drag-king :

 Une personne drag-queen/king sur-joue - généralement dans un but ludique ou/et politique - l'apparence communément associée à un genre binaire, donc femme (queen) ou homme (king). Souvent les drag-queen sont des hommes cis et les drag-king des femmes cis. Mais, par exemple, une femme cis peut aimer sur-jouer une apparence considérée comme de femme.

 Se travestir, n'est pas se déguiser. D'ailleurs certaines personnes qui correspondent à la définition pourraient ne pas se sentir travesties, puisque portant les vêtements et l'apparence qui leur correspond. Mais comme pour la cis/transidentité, ce qu'on désigne c'est la conformité ou non à l'assignation sexiste. Le tra de travestissement vient de trans, qui évoque cette non-conformité à la norme. Mais, comme déjà dit, il est de coutume de réserver le qualificatif trans à la seule transidentité. En revanche, aucune raison d'avoir honte de se travestir, de ne pas être dans la norme sexiste. Le problème vient de l'assignation arbitraire de l'apparence. Porter ce qui nous correspond n'a rien de mal, c'est au contraire être authentique.