De LGBT à MOGAI ?

 LGBT = Lesbiennes Gays Bi Trans. Il manque les personnes intersexes. Il suffit d'ajouter un I : LGBTI. Mais il en manque encore... et il en manquera probablement toujours. Prenons LGBTTIQFANMAXPDN2A2GPP pour les personnes Lesbiennes Gays Bi Trans Tra(ns)vesties Intersexes Queer Fluides de genre Agenres Neutrois Maveriques Aporagenres Xénogenres Polygenres Demi Nano Aromantiques Asexuelles Grey-aro Grey-ace Pan Poly(aimantes). C'est bien sûr ridicule. Mais il est injustifiable d'en occulter. D'où LGBTI+ (ou autre accronyme relativement court fini par +). cela permet de tout inclure, sans longueur, mais pas de façon concrète. Ce qui est compris dans le + n'est pas mentionné explicitement. D'où la tendance à vouloir toujours ajouter des lettres.

L'idée est de parler de toutes les personnes marginalisées (rejetées, invisibilisées...) pour leur non conformité (perçue) à la catégorisation sexiste binaire.

 Le milieu anglophone, comme toujours sur ces sujets, est en avance. En partie par la nationalité des personnes à la pointe de la question (monde anglo-saxon : Australie, Nouvelle Zélande, USA, RU...). D'autre part, parce que la communauté internationale qui en discute (principalement de pays "occidentaux" : germanophones, hispanophones...) le fait en anglais. Le vocabulaire – entre autres – se développe donc d'abord en anglais, bien souvent.

 Ainsi a été formé MOGAI = Marginalized Orientations, Gender Alignments and Intersex. L’acronyme a l'avantage d'être inclusif et court. Il ne comprend pas explicitement les personnes marginalisées pour leur apparences = tra(ns)vesties. MOGAI a l'inconvénient du manque de limpidité de l'expression "Marginalized (...) Gender Alignments", surtout qu'il n'est pas évident que "marginalized" concerne l'allignement de genre. Cette expression signifie Trans : qui n'est pas ou pas exclusivement du genre assigné depuis la naissance. Le plus gros inconvénient de MOGAI, selon moi, est l'ordre des lettres. C'est encore une fois du moins au plus marginalisé : Orientations (LGB...), puis Trans, et Intersexes en dernier.

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De MOGAI à ITOM

 Si la langue de l'acronyme MOGAI s'explique par son origine, il n'en reste pas moins utile d'avoir un acronyme en français. Je propose donc (suite à une discussion à ce sujet, sur un groupe facebook dédié) d'inverser l'ordre et de clarifier "Marginalized (...) Alignments and Intersex", et ainsi de dire (les personnes) Intersexes, Trans et d'Orientations Marginalisées = ITOM

 Conclusion

 Au final que faut-il utiliser ? MOGAI commence à être connu dans la communauté Queer internationale. Dans le cadre francophone, on peut employé ITOM, une fois avoir expliqué l'acronyme. Mais il ne faut pas oublier que cela fait partie du jargon d'un milieu restreint. Pour évoquer ces sujets avec des personnes qui ne sont pas de ce milieu, il faut garder la base connue et reconnue : LGBT, même si imparfaite. On comprend de quoi on parle. Il me semble indispensable d'y ajouter le I et le +. Il faut rester le plus proche de LGBT, donc allonger au minimum. Le I représente les personnes et sujets intersexes. C'est un des 3 grands domaines de marginalisation, bien trop souvent encore oublié. Le + indique que tout n'est pas inclut dans l'acronyme, mais les principaux axes sont mentionnés. Pour parler au plus grand nombre, sans exclure des personnes et sujets marginalisés, le mieux est donc de dire LGBI+ !